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I leave the time
--> I call you mine

J’crois que j’ai eu ce que je voulais. Je crois. Une « histoire » avec Julien. Ca va faire un mois. C’était un de mes rêves, un de ces rêves qu’on envisage pas de réaliser. Là, aujourd’hui, ça me rend triste. Parce que j’suis incapable de savoir si c’est moi qui doit arrêter le jeux, si ça va s’arrêter tout seul… j’ai pas envie de décevoir Julien, ou que ça me déçoive. Chaque fois il y’a de nouvelles données, de nouvelles impressions, de nouvelles sensations. C’est de moins en moins drôle.

 

Avant quand je caressais sa joue avec ma joue…quand je respirais dans son cou ou que j’embrassais sa clavicule… quand je passais ma main sous son t-shirt, j’me disais qu’il n’y avait plus que nous deux. Y’avait tout ce possible hypothétique devant nous et ça rendait chaque geste et chaque souffle magique. C’était une histoire en 3D avec un passé, un présent et un futur sans faute de parcours.

 

Mercredi je me suis décidée à lui envoyer un texto. J’avais l’impression vague qu’il commençait à se lasser de faire le premier pas. Et surtout je pensais que s’il avait pas vu qu’il avait oublié ses papiers chez moi avec permis de conduire, certificat d’immatriculation et assurance, ça pouvait lui être préjudiciable. Ca serait pas cool de ma part de faire passer mes stratégies d’approches sentimentales avant ses intérêts. Un peu con limite. J’ai donc envoyé après moultes réflexions sur la syntaxe : « coucou, ça va aujourd’hui ? J’suis à mon stage c’est palpitant… j’ai ton permis chez moi, j’espère que tu t’en es rendu compte, que ça te met pas en galère, jtembrasse ». Oui je sais ! 3h de réflexion pour ça. Je suis ridicule mais enfin bref, le soir je m’installe au ciné devant Benjamin Button (magnifique) et je reçois : « Coucou, ça va très bien, j’ai révisé, j’m’étais pas rendu compte que j’avais perdu mes papiers… je passerai demain le chercher jtembrasse fort passe une bonne soirée… »

Passés les premiers gloussements hystériques post-réception du message, je me blase : Je vais donc passer ma journée du jeudi à me préparer psychologiquement à sa visite, je serais incapable de travailler, incapable de quoique ce soit d’ailleurs, et surtout, j’aurai dans l’idée le fait qu’il vienne seulement chercher ses papiers. Le laps de temps entre lundi et jeudi est trop court pour ce qu’on a échangé. J’avais besoin de me remettre. J’ai pas encore digéré l’australienne, ma déception, ni mon trop plein d’émotions.

 

Comme prévu je passe mon jeudi à regarder le temps s’écouler. A 13h je tiens plus, je sors m’aérer, je passe dix ans au furet du nord, je tourne et retourne chez sephora, je me ruine, je rentre chez moi et j’appelle Harmonie. Elle me propose de retourner en ville. Ma tension monte d’heures en heures, je déteste cette sensation. Je me sens ligotée, je ne pense qu’à l’heure. A ce moment là j’ai juste pas envie de le voir, j’voudrais juste être sereine, être en train de bosser, retrouver un bon fonctionnement cérébral (si bon fonctionnement il y’a). Vers 17h je me décide à l’appeler. Je lui demande s’il compte passer et à quelle heure. Il me dit 19h30. J’ai comme une envie de meurtre, mais qu’à cela ne tienne, je relativise : il passe chercher ses papiers !

On passe chez vidéo futur et on rentre chez elle regarder le film. Je trépigne. Je lui explique que je sens très mal tout ça, je suis intimement persuadée qu’il ne prendra pas la peine de monter, je redoute le moment de lui dire bonjour, je ne veux pas le piéger, j’veux pas qu’il se sente obliger de m’embrasser. Je suis tellement occupée à préparer mentalement chaque détail, à évaluer l’impact de chacune des potentielles situations et à me lamenter auprès d’Harmonie que j’en oublie de regarder l’heure, mon téléphone sonne. « Julien »

Je décroche

« Je suis devant »

« Aah ! heu !!! putain !!! heu ! attend ! bah, bouge pas ! J’arrive t’inquiète ! »

J’attrape mon sac, enfile ma veste, je me mets à courir, Harmonie me rattrape, me balance mon foulard, j’enfile mes gants et je m’engouffre dans la station de métro. J’ai pas envie d’arriver rouge et essoufflée alors je marche jusqu’à chez moi, mais avec 15cm de talons j’arrive quand même essoufflée. Il s’est carrément garé en diagonale sur le trottoir devant ma porte, mes pressentiments étaient fondés, il fait que passer. Il sort de la voiture en me voyant arriver et je m’adosse à la porte en attendant qu’il se rapproche de moi. Je me fige en essayant de calculer mon approche, il m’embrasse, ou je l’embrasse, impossible de savoir qui s’est approché le premier, à qui appartient l’initiative. Je suis pleine de sacs dans les mains, j’arrive pas a reprendre mon souffle, je prétexte le fait d’avoir couru mais je suis juste hyper angoissée par sa présence. Je cherche mes clefs, on est coincés dans un mètre carré devant la porte d’entrée, son parfum aujourd’hui m’agresse, j’voudrais juste être seule, j’me sens ridicule, et je trouve pas mes clefs. Quand j’ai enfin ouvert la porte il me laisse passer devant dans les escaliers et je déteste ça, je déteste l’idée qu’il puisse avoir le regard porté sur mon cul énorme et je déteste devoir me concentrer sur ma démarche tout en faisant attention à pas trébucher. J’ouvre la porte de ma chambre, j’arrive limite plus à trouver le trou de la serrure. Le fait qu’il puisse sentir mon malaise me panique encore plus. Il entre dans ma chambre. Il plaisante un peu.

« Alors, tu regardais un film avec ton mec ? »

« Oui, et du coup j’ai pas vu la fin ! »

Il sourit

« C’était bien comme film ? »

« j’peux pas dire, j’étais pas très concentrée »

Il rigole.

« T’as été en  ville »

Dit-il en montrant mes sacs

« Oui »

Dis en allumant mon ordi, alors qu’il s’assoit sur mon lit.

« Direct t’allume ton ordi ! »

Je le regarde en souriant et je m’approche de lui. Mes talons font clac clac sur le plancher, je déteste ça. Je suis debout devant lui et il m’arrête en me tenant les poignets et en me considérant « t’es vachement bien habillée ». Il me complimente. Hein ? Pourquoi ?! Autant j’me sentais belle avec lui les fois précédente, autant aujourd’hui la lumière m’agresse, j’me sens rouge, j’me sens grosse, j’me sens mal coiffée… j’ai envie d’être dehors à l’air libre, de remettre ma veste. J’veux pas être près de lui comme ça. Il me prend dans ses bras, mon pantalon me boudine c’est horrible, j’ai envie de fuir. Il m’embrasse. Fermer les yeux. Savourer. Oublier de penser. Faut pas qu’il ouvre les yeux, faut pas qu’il me voit surtout. Pense à ton australienne Julien, embrasse moi comme si c’était elle. Il balade ses mains sur moi. Je me dégoûte. Mon collier fait gling gling, ça m’agace. J’ai envie de me désintégrer sous ses mains pour pas subir ça. Il dit qu’il a envie de moi. Moi j’aurai pas envie de moi ! Il me déshabille, il me caresse et j’ai l’impression dégueulasse de me laisser faire pour le retenir. Comme si c’était encore un cadeau de l’avoir dans mes bras. J’pense à son australienne et je me dis qu’il est juste beaucoup trop beau pour moi. Je me rends compte que je le touche presque pas. Je me dis que s’il est là c’est parce que je sais lui donner de la tendresse, qu’il a besoin d’être caressé et d’être embrassé, quant à savoir pourquoi c’est moi qu’il embrasse, j’ai pas le temps d’y penser tellement je me dégoûte à ce moment là. Je dois être super efficace comme distributeur de tendresse, faut pas que j’me laisse aller à cogiter alors que je le tiens dans mes bras.

Lui il sent tellement bon, j’me rends compte que j’ai oublié de mettre du parfum, je sens rien… il aura pas de souvenir de mon odeur.

Je tiens tout son corps dans mes bras en respirant son épaule, les lèvres sur sa peau et sa main dans mes cheveux quand il lâche « faut que j’y aille »

Je me demande s’il rigole. Je lâche un bout de rire en répondant « ok ! ». Comme il part pas immédiatement et qu’il me tient encore dans ses bras je me demande si c’est pas une blague, mais doucement il s’assoit à coté de moi et cherche ses fringues. Je trouve cette situation anti-romantique. Ca me donne envie de le frapper. Mais j’ai rien à lui reprocher au contraire !

Je lui demande de me déposer en ville. Il met de la musique de kéké et roule comme un kéké, et j’aurai juste envie de l’insulter si c’était un kéké, mais lui il a la classe. Je regarde par la fenêtre en silence. J’aime bien sa musique.  Il me demande :

« Tu rentres ce week end ? »

« Non »

Alors que si en fait.

Il m’a déposé sur la Grand’place. Mes talons faisaient toujours clac clac. J’me suis éloignée dans une ruelle et me suis adossée au bord d’une fenêtre en me mettant de la musique dans les oreilles, j’ai fermé les yeux en essayant de respirer. Cette fois-ci j’me sentais mal.

Ecrit par nolita, à 16:00 dans la rubrique "Actualités".

Commentaires :

  bluedragonfly
06-02-09
à 20:22

J'ai rarement ressenti autant d'émotions dans un texte, c'est... prenant, émouvant, tendre, triste, beau, noir, clair, et tout ça en même temps...

Je... (silence)


  nolita
06-02-09
à 20:57

Re:

..... ça me touche. Merci...

J'ai tellement envie que rien ne s'échappe de moi. J'veux vivre à plusieurs mes émotions. Tout ce que je sais de cette histoire c'est qu'elle n'est pas faite pour durer, c'est intense parce que c'est mystérieux, et ça se projette nulle part. C'est beau, je vis chaque instant en me disant que c'est le dernier. Et au final c'est pas très reposant!


  bluedragonfly
06-02-09
à 22:54

Re:

Comme je te comprends...

"Je veux vivre à plusieurs mes émotions". C'est joliment dit...

Et puis, les histoires reposantes, au fond, c'est pas vraiment passionnant non plus. Parfois, le mystère à ça de bon qu'il nous pousse dans nos retranchements, nous force presque à vivre pleinement l'instant présent. On en oublie de reporter au lendemain, et ce n'est pas plus mal...

Et même si ça ne dure pas, j'espère que ça t'apportera des sourires en cascades, et du bonheur plein le coeur. Parce qu'après tout, il n'y a rien à regretter...




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